Témoignage | Comment j’ai pu Guérir mes Troubles Bipolaires 

Témoignage | comment j'ai pu guérir des troubles bipolaires

Cet article est le témoignage de Philippe Asensio.

Ce texte est un témoignage qui explique comment on peut surmonter une maladie aussi perturbante que la psychose maniaco-dépressive (PMD). En aucune manière il n’est ici question de se substituer à l’avis du médecin. Les traitements utilisés aujourd’hui donnent des résultats car ils améliorent considérablement la vie des malades. Mais ils représentent également une contrainte, car leurs effets secondaires sont bien réels. Je vous propose de découvrir cette pathologie, très déstabilisante, et l’approche personnelle qui m’a permis de la surmonter. 

C’est quoi la psychose maniaco-dépressive (PMD) ?

C’est une hyper-sensibilité faisant fortement varier l’humeur qui oscille entre deux extrêmes. On monte très haut lors de la phase maniaque et ensuite on retombe très bas lors de l’épisode dépressif qui s’ensuit. Ces variations brutales entre deux pôles opposés ont donné le mot bipolarité.

La phase basse est une décompensation de même nature qu’une dépression sévère. Mais cela n’a rien à voir avec de la schizophrénie ou d’autres troubles mentaux associés à la folie.

A qui ça arrive ?

Le facteur génétique est souvent évoqué mais ce n’est pas toujours le cas. Environ 1% de la population mondiale est atteinte par ce type de troubles. Il n’y a pas de profils type, ni d’antécédents particuliers qui pourraient expliquer le déclenchement de la maladie. Une sécrétion excessive de dopamine semble être une des explications de l’excitation ressentie par les malades bipolaires, comme lors de la prise de cocaïne.

Et certains neurotransmetteurs de capture de la sérotonine, l’hormone du bonheur, sont défaillants, ce qui explique l’excitation des malades bipolaires en phase haute. Certaines hallucinations découlent de ces dysfonctionnements.

Que ressent-on durant une crise ?

C’est absolument extraordinaire, il n’y a pas d’autre mot. Le sentiment de plénitude et de toute puissance est exceptionnel. Vous vibrez par chaque fibre de votre être. Vous ressentez chaque chose, chaque instant, de manière totale. Oui, c’est ça : vous êtes totalement présent au monde.

C’est une sensation de vie qui s’empare de vous et qui emporte tout. Tous vos sens sont en alerte, vous vivez tout à 200 % ! Mais vous entendez des voix, vous vous prenez pour Dieu ou un prophète et pensez détenir la vérité. Vous croyez être invulnérable et pensez avoir des super-pouvoirs !

Quels sont les signes précurseurs de la PMD ?

Les changements dans le comportement sont les meilleurs indicateurs qui soient. Vous  parlez tout le temps, vous êtes très agité, vous dépensez sans compter. Les projets sont multiples, et vous en parlez à tout le monde. Vos ambitions démesurées en tous domaines sont caractéristiques d’un trouble bipolaire.

L’entourage doit normalement s’en rendre compte mais ce n’est pas toujours le cas. Vous ne dormez pratiquement plus car vous êtes en permanence sous tension. C’est le début d’une spirale infernale qui peut se révéler dévastatrice et lourde de conséquences.

Ça dure combien de temps ?

C’est variable suivant les personnes, mais en général un accès de manie bipolaire dure quelques jours, parfois plusieurs semaines. C’est suffisant pour dépenser beaucoup d’argent ou s’adresser à des inconnus et leur proposer des tas de choses avec une assurance incroyable.

Vous n’avez plus la notion de risque, ce qui peut être très dangereux dans bien des situations. Vous débordez d’énergie et n’avez jamais peur, quelles que soient les circonstances. Vous n’avez plus de limites et c’est bien le problème.

Comment la phase maniaque s’arrête-t-elle ?

C’est souvent une intervention extérieure qui permet de stopper une montée de manie. L’entourage intervient quand c’est possible, mais parfois le comportement du malade bipolaire est tellement erratique que la force publique est sollicitée. D’ailleurs les pompiers sont formés à ce genre de situations.

Un malade bipolaire en phase maniaque est dangereux avant tout pour lui. Les gens qui  voient quelqu’un qui visiblement va mal doivent appeler des secours pour lui venir en aide. Il faut sauver une personne en détresse incapable de demander quoi que ce soit.

Et ensuite il se passe quoi ?

C’est le temps de la prise en charge par une structure adaptée. Le plus souvent, un accès dû à un trouble bipolaire se finit à la gendarmerie ou au commissariat, puis à l’hôpital.

L’administration de somnifères permet de calmer le malade, il est ensuite mis au repos pour une durée qui dépend de son état. Cet arrêt de l’épisode délirant est très mal vécu par celles et ceux qui ont perdu tout contact avec la réalité.

Se retrouver complètement seul dans un environnement hospitalier est une expérience très difficile à vivre. On est entouré de gens atteints de graves troubles psychiatriques et, en plus, on est assommé par les calmants.

L’étape suivante

La loi prévoit une protection juridique car même si sa famille est à ses côtés pour l’aider, ce n’est pas toujours suffisant. La personne est dans un tel état de vulnérabilité qu’il faut mettre à l’abri son patrimoine et lui éviter des dépenses inopportunes.

Deux statuts existent, la simple curatelle pour des cas légers, et la tutelle quand le cas est plus lourd. Le patrimoine du malade est ainsi mis à l’abri jusqu’à ce que les choses aillent mieux pour lui.

Une fois cette étape juridique passée, il faut laisser du temps au temps, car on ne retrouve pas du jour au lendemain un comportement normal. Il faut être patient et permettre aux médicaments de produire leurs effets.

Quand sort-on d’une hospitalisation pour PMD ?

Ça dépend du juge et de l’équipe médicale. Les traitements mettent du temps à agir, il faut respecter certaines étapes pour envisager une sortie définitive.

On doit attendre que le patient soit stabilisé. Ce qui prend du temps, car le malade atteint de troubles bipolaires a beaucoup de mal à accepter une prise de médicaments à vie.

Et l’humeur dans tout ça ?

Passé l’épisode franc, c’est-à-dire la phase haute de la maladie bipolaire, il y a la phase basse : celle de la dépression. L’humeur a complètement changé et elle est au plus bas. C’est un effondrement mental absolu qui provoque une très grande souffrance chez le malade.

On retrouve la même intensité que lorsqu’on était exalté, mais dans l’autre sens ! Et c’est terrible à vivre, le corps ressent lui aussi la douleur psychologique et la vie ne représente plus d’intérêt. On est au plus mal.

Combien de temps faut-il pour aller mieux ?

C’est très variable, mais ça prend des années, parfois une vie entière. Le traitement est là pour stabiliser le malade et lui éviter de refaire des épisodes. Plusieurs médicaments existent dont des neuroleptiques comme le Depakote. Le Lithium est également utilisé. Ces traitements fonctionnent mais ont des effets secondaires.

Un suivi psychologique peut aider le malade à exprimer son ressenti afin de mieux vivre et accepter sa vie telle qu’elle est. C’est déjà un grand pas accompli quand ce but est atteint.

Quels sont les effets négatifs des médicaments ?

Une prise de poids massive et une forme d’indifférence à toutes choses. Voilà ce qui vous guette. Sans compter la baisse d’énergie qui vous enlève l’envie de faire plein de choses.

Votre vie vous file entre les mains et vous ne pouvez rien faire. C’est comme si vous la voyez défiler au travers d’une vitre sans tain. Vous ne la maîtrisez plus vraiment. C’est une période de grande tristesse et de retrait social. Vous n’avez plus goût à rien et vous vous dévalorisez constamment.

Des idées suicidaires vous hantent et votre corps vous fait souffrir de part et d’autre. Votre vie est devenue un enfer. C’est la dépression dans sa version la plus sévère.

Quel préalable pour s’en sortir ?

Il faut d’abord être patient, se donner du temps pour reprendre pied et il faut se faire aider ! Le conjoint et la famille sont vos meilleurs alliés sans oublier les psychologues et les psychiatres dont c’est le métier.

Vous pouvez demander de l’aide, car la psychose maniaco-dépressive, ce n’est pas une broutille. C’est une affection de longue durée (ALD) qui est très difficile à vivre pour vous et pour toutes celles et ceux qui vous aiment.

Donc pour commencer, ne vous jugez pas car ce n’est pas de votre faute ! On finit par doucement reprendre des habitudes de vie qui peu à peu règlent le quotidien. Et on finit par se stabiliser et même si on n’est pas heureux, on va quand même mieux.

Le temps de la reconstruction

Tôt ou tard, un déclic se produit ! Vous reprenez pied dans la réalité et vous constatez les dégâts. L’ego reprend sa juste place et vous vous projetez. Enfin ! À partir de là, vous pouvez commencer à poser les premiers jalons d’une reconquête de votre santé et la première étape consiste à nouveau à se donner du temps.

Il faut être honnête avec soi et poser le bon diagnostic car vous n’êtes plus la même personne. Et c’est essentiel, car cela va vous permettre de vous motiver à faire des choses à votre mesure, tranquillement.

Pourquoi le sport est-il important en cas de psychose maniaco-dépressive ?

Il est important de vous réapproprier votre personnalité et vous socialiser à nouveau, car vous avez perdu beaucoup de repères. Quoi de mieux qu’une thérapie individuelle par l’activité physique, quelle qu’elle soit ?

C’est ce premier pas, ce challenge initial qui va vous permettre de remettre en route une formidable machine à vivre et à ressentir : votre corps ! Tous vos sens vont à nouveau être sollicités, et votre mental va retrouver de l’allant.

Vous allez retrouver de l’entrain et comme le dit la chanson, « l’envie d’avoir envie ». Et c’est ce qui va vous sauver, littéralement.

Comment se faire aider

Parce que vous êtes plus fragile qu’avant, n’hésitez pas à faire appel à un coach. Il vous proposera des conseils judicieux et sera à vos côtés pour vous motiver. Vous pouvez solliciter des personnes qualifiées dans le sport et la nutrition, mais il existe des coachings pour tous les aspects de votre vie.

Prenez le temps de bien choisir ce partenariat, et démarrez votre nouvelle vie dans les meilleures conditions grâce à un encadrement de qualité. Et n’ayez crainte, si vous en êtes là, c’est que vous avez déjà fait le plus dur. Bravo à vous car le meilleur vous attend !

 

Philippe Asensio

 

Références :

 

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